
Tu t’entraînes 3 fois par semaine… mais que fais-tu des 165 autres heures?
Tu t’entraînes 3 fois par semaine… mais que fais-tu des 165 autres heures?
Trois entraînements par semaine.
C’est déjà excellent.
Pour beaucoup d’adultes occupés, réussir à placer trois séances dans une semaine entre le travail, les enfants, les rendez-vous, les commissions et tout ce qui vient avec la vie représente une vraie réussite.
Mais faisons un calcul simple.
Si tes entraînements durent environ une heure, tu passes trois heures par semaine à t’entraîner.
Une semaine compte 168 heures.
Il en reste donc 165.
Et ce qui se passe pendant ces 165 heures a probablement beaucoup plus d’importance qu’on le pense.
S’entraîner et être actif, ce n’est pas exactement la même chose
On peut très bien s’entraîner régulièrement… et avoir malgré tout un quotidien très sédentaire.
Imagine une journée assez typique.
Tu te lèves.
Tu déjeunes.
Tu prends ta voiture pour aller travailler.
Tu passes plusieurs heures devant ton ordinateur.
Tu reprends ta voiture.
Tu arrives à la maison.
Tu fais ton entraînement de 60 minutes.
Puis tu soupes et tu termines la soirée assis.
Est-ce que ton entraînement compte?
Absolument.
Mais il ne transforme pas automatiquement tout le reste de ta journée en journée active.
C’est une distinction importante.
L’entraînement est une forme d’activité physique. Mais l’activité physique ne se limite pas à l’entraînement.
L’Organisation mondiale de la Santé rappelle d’ailleurs que toutes les formes de mouvement comptent : le sport et l’entraînement, évidemment, mais également la marche, le vélo comme moyen de transport, le travail physique et même certaines tâches quotidiennes.
Notre mode de vie nous demande de moins en moins de bouger
Il n’y a pas si longtemps, une grande partie de la vie quotidienne nécessitait naturellement plus de mouvement.
Aujourd’hui, beaucoup de choses sont conçues pour nous éviter de bouger.
On travaille devant un écran.
On commande notre épicerie.
On se fait livrer nos repas.
On prend la voiture pour de petits déplacements.
Les réunions sont virtuelles.
Nos loisirs se passent souvent devant un autre écran.
Ce n’est pas nécessairement mauvais en soi.
Le problème apparaît lorsque cette réduction du mouvement devient notre état par défaut.
On peut alors se retrouver avec une situation étrange :
être quelqu’un qui s’entraîne régulièrement, mais qui bouge relativement peu pendant le reste de la semaine.
Les recommandations ne parlent pas seulement d’entraînement
Pour la santé générale, les recommandations actuelles chez l’adulte suggèrent notamment de cumuler environ 150 à 300 minutes d’activité aérobique d’intensité modérée par semaine, ou l’équivalent à intensité plus élevée, en plus d’activités de renforcement musculaire au moins deux fois par semaine.
Mais il y a un autre message important derrière ces recommandations :
bouger davantage et passer moins de temps sédentaire.
Et surtout, toute augmentation d’activité peut être bénéfique.
Ça veut dire qu’il n’est pas nécessaire de transformer chaque moment actif en entraînement.
Une marche de 15 minutes compte.
Prendre les escaliers compte.
Marcher pendant l’entraînement de soccer de ton enfant compte.
Faire certains déplacements à pied compte.
Sortir dehors après le souper compte.
Ce ne sont peut-être pas les activités que tu publieras sur Strava.
Mais ton corps, lui, ne fait pas la différence entre ce qui est « officiellement un workout » et ce qui ne l’est pas.
Il sait seulement que tu bouges.
Le mouvement invisible de notre journée
En physiologie et en nutrition, on utilise parfois le terme NEAT, pour Non-Exercise Activity Thermogenesis.
Dit simplement, il s’agit de l’énergie dépensée dans les mouvements qui ne sont pas de l’entraînement structuré.
Marcher dans la maison.
Faire le ménage.
Prendre les escaliers.
Transporter les sacs d’épicerie.
Jardiner.
Se déplacer au travail.
Jouer dehors avec les enfants.
Tous ces petits mouvements semblent insignifiants individuellement.
Mais lorsqu’on les additionne sur une journée, une semaine, un mois et une année, ils représentent énormément de mouvement.
C’est là que la réflexion devient intéressante.
Peut-être que la prochaine étape pour améliorer ta santé n’est pas nécessairement d’ajouter un quatrième entraînement.
Peut-être qu’elle consiste simplement à bouger davantage entre les trois que tu fais déjà.
La marche : probablement l'outil le plus simple
Quand on parle de santé ou de remise en forme, on cherche souvent quelque chose de compliqué.
Un nouvel entraînement.
Une nouvelle méthode.
Une nouvelle montre.
Une nouvelle application.
Pourtant, l'une des stratégies les plus accessibles est probablement déjà disponible devant ta porte.
Marcher.
La marche demande peu de préparation, très peu d’équipement et peut facilement être adaptée à notre quotidien.
Une marche de 10 minutes après le dîner.
Quinze minutes pendant qu’un enfant est à son activité.
Un appel professionnel pris en marchant.
Une promenade familiale après le souper.
Stationner légèrement plus loin.
Faire quelques commissions à pied lorsqu’elles sont suffisamment proches.
Individuellement, ça semble peu.
Mais le but n’est justement pas de trouver une énorme occasion de bouger.
C’est d’en trouver plusieurs petites.
Est-ce qu’il faut absolument faire 10 000 pas?
Pas nécessairement.
Le chiffre de 10 000 pas est devenu extrêmement populaire parce qu’il est simple à comprendre et facile à mesurer.
Mais ce n’est pas une frontière magique entre être en santé et ne pas l’être.
Pour quelqu’un qui marche actuellement 3 000 ou 4 000 pas par jour, chercher à atteindre immédiatement 10 000 peut même rendre le changement inutilement difficile.
Une meilleure approche pourrait être de regarder ton niveau actuel et de l’augmenter progressivement.
Tu fais en moyenne 4 000 pas?
Essaie d’en faire 5 000.
Puis éventuellement 6 000.
Encore une fois, le principe est simple :
plus actif qu’avant est déjà une amélioration.
Ne transforme pas le mouvement en une autre obligation
Il faut cependant faire attention.
On peut rapidement transformer une bonne idée en nouvelle source de stress.
« Il faut que je fasse mes trois entraînements. »
« Il faut que je fasse mes 10 000 pas. »
« Il faut que je fasse ma mobilité. »
« Il faut que je dorme huit heures. »
Et soudainement, prendre soin de sa santé ressemble à un deuxième emploi.
Ce n’est pas l’objectif.
L’idée est plutôt d’observer ta journée et de te demander :
Où pourrais-je remettre un peu de mouvement sans compliquer ma vie?
Peut-être que c’est 10 minutes.
Peut-être que c’est prendre les escaliers.
Peut-être que c’est aller chercher les enfants à pied une fois par semaine.
Peut-être que c’est sortir marcher avec ton conjoint ou ta conjointe plutôt que de regarder un autre épisode.
Il n’y a pas une réponse parfaite.
Tes entraînements construisent tes capacités. Tes journées te permettent de les utiliser.
À L’Usine, nous croyons énormément à l’entraînement structuré.
C’est là qu’on peut développer intentionnellement la force, l’endurance, la mobilité et plusieurs autres capacités physiques.
Mais l’objectif ultime n’est pas simplement de devenir meilleur au gym.
C’est de mieux vivre à l’extérieur.
Tes entraînements devraient donc contribuer à rendre les 165 autres heures de ta semaine plus faciles et plus agréables.
Avoir l’énergie pour aller marcher.
Être capable de jouer avec tes enfants.
Partir en randonnée.
Faire des travaux autour de la maison.
Voyager.
Bouger sans toujours chercher la façon la plus facile d’éviter l’effort.
Une question simple pour terminer
Cette semaine, ne te demande pas seulement :
« Combien de fois est-ce que je me suis entraîné? »
Demande-toi aussi :
« Combien ai-je bougé entre mes entraînements? »
Parce qu’une vie active ne se construit pas uniquement pendant les heures passées au gym.
Elle se construit aussi pendant toutes les autres.
Bouger mieux. Performer plus. Vivre pleinement.
