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Adulte réalisant un entraînement encadré avec une charge adaptée, illustrant une progression durable basée sur la constance plutôt que sur les records.

Faut-il toujours chercher à progresser à l’entraînement?

September 13, 20267 min read

Plus lourd.

Plus vite.

Plus longtemps.

Plus de répétitions.

Un meilleur chrono.

Un nouveau record personnel.

Dans le monde de l’entraînement, on parle énormément de progression.

Et avec raison.

Pour améliorer une capacité physique, notre corps doit généralement être exposé à un stimulus suffisant pour provoquer une adaptation.

Mais il existe un piège.

À force de vouloir constamment progresser, on peut finir par croire qu’un entraînement qui ne bat pas notre performance précédente est un mauvais entraînement.

Et ça, c’est faux.

Parce qu’une vie entière d’entraînement ne ressemble pas à une ligne qui monte constamment.

Elle ressemble plutôt à une succession de périodes où l’on progresse, maintient, récupère, recommence et parfois même recule temporairement.

Et c’est parfaitement normal.

La progression n’est pas toujours visible

Quand on commence à s’entraîner, les progrès peuvent être rapides.

Une personne qui n’a jamais fait de musculation peut augmenter ses charges régulièrement.

Un nouveau coureur peut rapidement améliorer son endurance.

Quelqu’un qui recommence après plusieurs années peut sentir des différences importantes en quelques semaines.

C’est extrêmement motivant.

Le problème arrive lorsqu’on commence à considérer ce rythme comme normal pour toujours.

Plus on devient expérimenté, plus les gains ont tendance à devenir subtils.

Et surtout, notre contexte change.

Le sommeil varie.

Le travail devient plus exigeant.

Les enfants dorment moins bien.

On traverse une période stressante.

On voyage.

On tombe malade.

On commence un nouveau projet.

Notre capacité à nous entraîner et à récupérer n’est pas identique 52 semaines par année.

Notre entraînement ne devrait probablement pas faire comme si elle l’était.

Maintenir est parfois progresser

Imagine quelqu’un qui s’entraîne régulièrement depuis cinq ans.

Cette personne entre dans une période très exigeante au travail.

Pendant huit semaines, elle décide de passer de quatre entraînements à deux ou trois séances par semaine.

Elle ne bat aucun record.

Elle n’augmente pratiquement pas ses charges.

Mais elle maintient l’essentiel de sa force, continue de bouger, conserve son habitude et traverse cette période sans complètement abandonner l’entraînement.

Est-ce un échec?

Pas du tout.

Dans ce contexte, maintenir était probablement le meilleur résultat possible.

Nous devons arrêter de considérer le maintien comme l’absence de progrès.

Maintenir une capacité pendant une période difficile peut justement permettre de recommencer à progresser rapidement lorsque les conditions redeviennent favorables.

Ton corps n’a aucune idée de ce que tu as fait la semaine dernière

Il y a une tendance naturelle à vouloir toujours ajouter quelque chose.

La semaine dernière, j’ai soulevé 100 livres.

Cette semaine, il faut 105.

J’ai couru mon 5 km en 25 minutes.

Il faut maintenant faire 24:30.

J’ai fait huit répétitions.

Je dois en faire neuf.

La progression graduelle est évidemment importante.

Mais elle n’a pas besoin d’arriver à chaque séance.

Une même charge peut rester stimulante pendant plusieurs semaines.

On peut également progresser de différentes façons.

Faire le même poids avec une meilleure technique.

Avoir une meilleure amplitude de mouvement.

Se sentir plus confortable.

Prendre légèrement moins de repos.

Terminer la séance moins épuisé.

Mieux contrôler le mouvement.

Être plus constant.

Toutes ces choses peuvent représenter une progression, même si le chiffre sur la barre n’a pas changé.

Il y a plusieurs façons de progresser

On associe souvent progression et charge.

Mais voici quelques variables qui peuvent évoluer :

La charge
Soulever plus lourd.

Les répétitions
Effectuer davantage de répétitions avec la même charge.

Le volume total
Faire un peu plus de travail dans une séance ou une semaine.

La technique
Effectuer le mouvement avec davantage de contrôle ou une meilleure position.

L’amplitude
Être capable d’utiliser une plus grande amplitude de mouvement.

La vitesse
Courir ou effectuer une tâche plus rapidement lorsque c’est pertinent.

L’endurance
Maintenir un effort plus longtemps.

La récupération
Récupérer plus rapidement entre deux efforts.

La perception de l’effort
Réaliser le même travail avec moins de difficulté.

Et il y en a une qu’on oublie énormément :

la constance.

Passer de périodes d’entraînement intensives suivies d’un mois d’arrêt à deux ou trois séances chaque semaine pendant toute l’année est une progression énorme.

Même s’il n’y a aucun record à publier sur Instagram.

Plus n’est pas automatiquement mieux

On aime les recettes simples.

Si deux séances sont bonnes, quatre doivent être meilleures.

Si 100 livres sont efficaces, 120 doivent l’être davantage.

Si courir 30 minutes est bon, courir 60 minutes doit être deux fois meilleur.

Le corps humain ne fonctionne pas tout à fait ainsi.

L’entraînement crée un stress.

Ensuite, le corps doit récupérer et s’adapter.

Si le stimulus est insuffisant, il sera difficile de progresser.

Mais s’il dépasse constamment notre capacité à récupérer, les résultats peuvent également stagner.

L’objectif est donc rarement de faire le maximum que l’on peut tolérer.

Il est plutôt de faire suffisamment de travail pour progresser tout en étant capable de revenir et de recommencer.

Certaines périodes sont faites pour pousser davantage

Il y a évidemment des moments où chercher activement la progression est pertinent.

Tu prépares une compétition.

Tu as un objectif précis.

Tu veux améliorer ton 10 km.

Tu veux développer ta force.

Tu disposes d’une période où ton sommeil, ton horaire et ta récupération permettent d’augmenter ton entraînement.

Excellent.

C’est le bon moment pour créer un bloc plus ambitieux.

On peut augmenter certaines variables progressivement et mesurer les résultats.

Mais on ne peut pas être en phase de progression maximale toute l’année.

Même les athlètes structurent leur entraînement en périodes différentes.

Alors pourquoi un parent de 42 ans avec une entreprise, deux enfants et un horaire chargé devrait-il battre un record personnel chaque lundi?

Il y a aussi des périodes où le maintien devrait être l’objectif

Vacances.

Fin d’année.

Période intense au travail.

Nouveau bébé.

Déménagement.

Stress familial.

Retour après une maladie.

Dans ces périodes, conserver deux séances au lieu de quatre peut être la meilleure décision.

On diminue peut-être le volume.

On garde quelques mouvements importants.

On continue à bouger.

On accepte que l’objectif des prochaines semaines soit simplement de ne pas perdre le fil.

Cette approche est généralement beaucoup plus durable que l’alternative classique :

essayer de maintenir un programme impossible, ne pas réussir à le suivre, culpabiliser, puis arrêter complètement.

Une bonne programmation respecte ta vraie vie

C’est l'une des raisons pour lesquelles un programme générique trouvé sur Internet n’est pas toujours suffisant.

Le programme peut être excellent.

Mais il ne connaît pas ta vie.

Il ne sait pas que tu as dormi quatre heures.

Il ne sait pas que ton enfant est malade.

Il ne sait pas que ta semaine de travail vient de passer de 40 à 60 heures.

Il ne sait pas que tu reviens après trois semaines de vacances.

Une bonne programmation doit donc avoir suffisamment de structure pour générer des résultats, mais suffisamment de flexibilité pour s’adapter.

C’est également là que le coaching prend tout son sens.

Parfois, un bon coach te pousse.

Et parfois, son rôle est exactement l’inverse :

t’empêcher d’en faire trop.

La meilleure progression est celle que tu peux continuer

En 2026, l’American College of Sports Medicine a publié une importante mise à jour de ses recommandations sur l’entraînement en résistance.

Un des messages qui ressort est remarquablement simple :

la constance compte davantage que la perfection.

Les stratégies compliquées et les techniques avancées peuvent avoir leur place dans certains contextes, mais elles ne sont pas obligatoires pour obtenir des résultats.

Le programme doit notamment correspondre à l’objectif et à la réalité de la personne.

C’est un message qui résume très bien notre philosophie à L’Usine.

Nous voulons évidemment que nos membres progressent.

Mais pas seulement pendant six semaines.

Nous voulons qu’ils puissent continuer à s’entraîner dans six mois, dans cinq ans et idéalement pendant plusieurs décennies.

Pose-toi une meilleure question

Plutôt que de toujours te demander :

« Est-ce que j’en ai fait plus que la dernière fois? »

Essaie parfois de te demander :

« Est-ce que ce que je fais aujourd’hui contribue à l’objectif que je veux encore poursuivre dans plusieurs années? »

Parfois, la réponse sera de pousser davantage.

Parfois, elle sera de maintenir.

Parfois, elle sera de récupérer.

Et parfois, elle sera simplement de venir t’entraîner malgré une semaine imparfaite.

Toutes ces réponses peuvent être les bonnes.

Parce que progresser ne veut pas nécessairement dire en faire toujours plus.

Ça veut aussi dire devenir meilleur à continuer.

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Maxime Lequin

Co-Propriétaire et entraîneur

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