
Comment savoir si ton entraînement fonctionne vraiment?
Quand quelqu’un commence ou recommence à s’entraîner, il veut généralement savoir une chose :
Est-ce que ça fonctionne?
Et très souvent, la première chose qu’on regarde, c’est la balance.
Est-ce que mon poids a baissé?
Est-ce que mon corps a changé?
Est-ce que je vois une différence dans le miroir?
Ces indicateurs peuvent être pertinents dans certains contextes.
Mais ils sont loin d’être les seuls.
Et surtout, ils ne racontent pas toujours toute l’histoire.
Parce qu’un entraînement peut être très efficace même si ton poids ne change presque pas.
Tu peux devenir plus fort.
Bouger mieux.
Être moins essoufflé.
Récupérer plus rapidement.
Avoir plus d’énergie.
Te sentir plus confiant dans tes capacités.
Et tous ces éléments sont des signes de progression.
Le problème, c’est qu’on ne les mesure pas toujours.
Un bon entraînement ne se juge pas à la quantité de sueur
C’est probablement l’une des croyances les plus tenaces.
Si tu as beaucoup transpiré, tu as bien travaillé.
Si tu es complètement vidé, la séance était bonne.
Si tu as mal pendant deux jours, c’est que l’entraînement a été efficace.
Pas nécessairement.
La transpiration dépend de plusieurs facteurs :
la température;
ton niveau d’hydratation;
la génétique;
le type d’entraînement;
ton niveau de condition physique.
Même chose pour les courbatures.
Elles peuvent apparaître simplement parce qu’un mouvement est nouveau ou parce que le volume était plus élevé qu’à l’habitude.
Tu peux donc avoir une séance productive sans finir trempé ou extrêmement courbaturé.
La vraie question devrait plutôt être :
Est-ce que mon corps s’adapte positivement au travail que je fais?
Premier indicateur : tu deviens plus fort
C’est l’un des indicateurs les plus simples à observer.
Tu utilisais un haltère de 15 lb et tu contrôles maintenant 20 lb.
Tu faisais 8 répétitions et tu peux maintenant en faire 10 ou 12.
Tu avais besoin d’une surface élevée pour tes push-ups et tu peux maintenant les faire plus bas.
Tu avais de la difficulté à te relever d’un banc et ce mouvement devient plus facile.
La progression en force n’a pas besoin d’être spectaculaire.
De petites améliorations répétées sont déjà très significatives.
Et elles sont particulièrement importantes avec l’âge, puisque maintenir sa force aide à conserver ses capacités physiques dans le quotidien.
Deuxième indicateur : le même effort devient plus facile
Imagine que tu fais exactement le même entraînement deux fois à quelques semaines d’intervalle.
La première fois, tu trouves la séance très difficile.
Tu récupères longtemps entre les séries.
Tu hésites sur certains mouvements.
Quelques semaines plus tard, tu fais la même chose avec beaucoup plus de contrôle.
C’est une progression.
Même si tu n’as pas ajouté de poids.
Ton corps est simplement devenu plus efficace.
C’est particulièrement évident dans le travail cardiovasculaire.
Une marche rapide qui t’essoufflait beaucoup devient confortable.
Tu peux monter un escalier avec moins de difficulté.
Tu récupères plus rapidement après un effort.
Ce sont des adaptations très concrètes.
Troisième indicateur : ta technique s’améliore
La progression ne se mesure pas uniquement en kilos ou en répétitions.
Parfois, faire le même exercice mieux est déjà une progression.
Tu contrôles davantage ton squat.
Ton équilibre est meilleur.
Tu réussis à maintenir une bonne position plus longtemps.
Tu sens davantage les muscles que tu essaies de travailler.
Tu maîtrises mieux ton mouvement.
Au début, plusieurs exercices demandent énormément de concentration.
Avec le temps, ils deviennent plus naturels.
Cette amélioration du contrôle est importante parce qu’elle permet ensuite de progresser de façon plus sécuritaire et plus efficace.
Quatrième indicateur : tu récupères mieux
Quand tu recommences à t’entraîner, ton corps doit s’adapter à une nouvelle charge.
Au début, une séance peut demander beaucoup de récupération.
Puis progressivement, tu remarques que :
tu as moins de courbatures;
ta fatigue disparaît plus rapidement;
tu es capable de refaire une séance quelques jours plus tard;
tu te sens moins « cassé » après un entraînement.
C’est généralement une bonne chose.
Être moins courbaturé ne signifie pas que ton entraînement ne fonctionne plus.
Ça peut simplement vouloir dire que ton corps est mieux adapté au stimulus.
Cinquième indicateur : tu deviens plus constant
C’est probablement l’un des signes de progression les plus sous-estimés.
Au début, réussir à faire deux entraînements par semaine peut déjà représenter un défi important.
Après quelques mois, ces rendez-vous font simplement partie de ta routine.
Tu ne te demandes plus autant si tu vas t’entraîner.
Tu sais que c’est prévu.
Tu y vas.
Cette constance est extrêmement importante parce que les adaptations physiques demandent du temps.
Et souvent, la personne qui progresse le plus n’est pas celle qui fait les séances les plus impressionnantes.
C’est celle qui réussit à être présente, semaine après semaine.
Sixième indicateur : certaines tâches du quotidien deviennent plus faciles
C’est là que l’entraînement prend tout son sens.
Tu portes plus facilement les sacs d’épicerie.
Tu joues avec tes enfants sans être complètement épuisé.
Tu travailles dans la cour et tu récupères mieux.
Tu montes les escaliers plus facilement.
Tu te sens plus stable.
Tu as moins peur de soulever quelque chose au sol.
Ce sont peut-être des choses qui ne se mesurent pas sur une application.
Mais elles sont souvent beaucoup plus importantes que quelques chiffres.
Parce que l’objectif de l’entraînement n’est pas seulement d’être meilleur au gym.
C’est aussi d’être plus capable dans ta vie.
Septième indicateur : ton niveau d’énergie s’améliore
Ça peut sembler paradoxal.
On dépense de l’énergie pour s’entraîner, mais plusieurs personnes remarquent qu’elles en ont davantage dans leur quotidien lorsqu’elles deviennent plus actives.
Elles se sentent moins lourdes.
Plus éveillées.
Plus productives.
Plus disposées à faire d’autres activités.
Ce changement n’arrive pas nécessairement après trois séances.
Mais avec une routine régulière et un volume d’entraînement adapté, il peut devenir très significatif.
Encore une fois, ce n’est pas quelque chose que la balance pourra te montrer.
Et si ton poids ne bouge pas?
C’est ici que beaucoup de gens se découragent.
Ils s’entraînent depuis quelques semaines.
Ils se sentent mieux.
Ils deviennent plus forts.
Ils sont plus actifs.
Mais la balance n’a presque pas changé.
Ils concluent donc que ça ne fonctionne pas.
C’est souvent une erreur.
Le poids corporel peut fluctuer pour plusieurs raisons.
Hydratation.
Contenu digestif.
Apport en sel.
Stress.
Sommeil.
Variations hormonales.
Et selon ton point de départ, il est aussi possible d’améliorer ta composition corporelle sans voir une énorme différence sur la balance.
Si ton objectif principal est une perte de poids, il est évidemment pertinent de suivre cette mesure.
Mais elle devrait être replacée dans un ensemble plus large d’indicateurs.
Un chiffre seul ne devrait pas décider si ton parcours est un succès ou un échec.
Il faut aussi mesurer ce qui correspond à ton objectif
Tout le monde n’a pas besoin de mesurer les mêmes choses.
Si ton objectif est de devenir plus fort, suis tes charges et tes répétitions.
Si tu veux améliorer ton endurance, regarde ton temps, ta distance, ton rythme ou ta récupération.
Si ton objectif est simplement de rester autonome et actif, observe les tâches qui deviennent plus faciles dans ton quotidien.
Si tu veux retrouver une routine, suis simplement la fréquence de tes entraînements.
C’est important parce qu’on peut parfois faire beaucoup de progrès… mais regarder le mauvais indicateur.
Tu n’as pas besoin de progresser à chaque séance
C’est aussi une attente qu’il faut ajuster.
La progression n’est pas parfaitement linéaire.
Certaines semaines, tu vas te sentir très fort.
D’autres, moins.
Ton sommeil, ton stress, ton alimentation et ta charge de travail peuvent influencer tes performances.
Il serait donc irréaliste de s’attendre à battre un record chaque fois que tu entres dans le gym.
Ce qui compte davantage, c’est la tendance.
Si tu regardes les huit ou douze dernières semaines, est-ce que tu es globalement plus fort?
Plus à l’aise?
Plus constant?
Plus capable?
Si oui, ton entraînement fonctionne probablement.
C’est aussi pour ça qu’un programme doit évoluer
Quand on mesure la progression, on peut prendre de meilleures décisions.
Si un exercice continue à progresser, on peut poursuivre.
Si quelque chose stagne depuis longtemps, on peut ajuster.
Changer le nombre de répétitions.
Modifier la charge.
Changer légèrement l’exercice.
Ajouter ou retirer du volume.
Modifier la fréquence.
Un programme ne devrait pas changer simplement parce qu’on s’ennuie.
Mais il ne devrait pas non plus rester identique indéfiniment si les résultats ne sont plus au rendez-vous.
La progression donne une direction aux ajustements.
Le rôle du coach : observer ce que tu ne vois pas toujours
Quand tu es dans ta propre progression, il peut être difficile de voir les changements.
Parce qu’ils arrivent graduellement.
Un coach qui te suit régulièrement peut remarquer que :
ton mouvement est plus stable;
ta posture s’est améliorée;
tu récupères plus vite;
tu contrôles une charge que tu trouvais difficile quelques semaines plus tôt;
tu sembles plus confiant.
Parfois, la progression est déjà là.
Tu ne l’as simplement pas remarquée.
Alors, comment savoir si ça fonctionne?
Pose-toi quelques questions simples.
Est-ce que je suis plus fort qu’il y a deux mois?
Est-ce que certains mouvements sont devenus plus faciles?
Est-ce que je récupère mieux?
Est-ce que je suis plus constant?
Est-ce que certaines activités du quotidien me demandent moins d’effort?
Est-ce que je me sens plus confiant dans mes capacités?
Si tu réponds oui à plusieurs de ces questions, tu progresses probablement davantage que tu le pensais.
À L’Usine, on ne veut pas simplement te faire travailler fort.
On veut être capable de savoir si le travail que tu fais t’amène réellement quelque part.
Parce qu’un bon entraînement n’est pas celui qui te fatigue le plus aujourd’hui.
C’est celui qui te rend progressivement plus capable demain.
